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samedi 12 juillet 2014

Ode to my family

Attention, ceci n'est pas un billet sur le scientifimse.

Cela fait déjà un long moment que l'on parle de part et d'autre de l'importance des jeux dans l'enseignement et l'éducation - depuis l'antiquité en fait, ce qui n'est pas rien - et l'un de mes sujets scientifiques préféré est celui des jeux "sérieux", destinés spécifiquement à transmettre des messages ou connaissances à ceux qui y jouent.

Dans cette veine je ne peux pas m'empêcher de considérer le jeu des 7 familles comme un jeu sérieux. Sous ses apparences de jeu de carte basé sur la composition de séries (réunir 6 cartes d'un même groupe, soit en les prenant aux autres joueurs, soit en les piochant), c'est un jeu qui transmet une image forte de ce qu'est, ou est censée être la cellule familiale "traditionnelle" (certains diront "patriarcale") : Le père, la mère, un fils, une fille, deux grands-parents (on suppose que les deux autres grands-parents ont disparu de façon tragique et prématurée). Et si le jeu connaît de nombreuses variantes (la version anglaise ne compte que 4 cartes par famille par exemple), elles restent a priori toutes centrées sur le même schéma familial, qui s'il était la "norme" il y a encore quelques décennies n'est plus du tout un schéma absolu.

D'où une idée, un peu naïve certes, de rénover ce jeu en proposant d'autres modèles familiaux, plus représentatifs de la diversité des situations que l'on peut rencontrer de nos jours. Ainsi, à la famille "traditionnelle" (qu'on ne va pas faire disparaitre pour autant), il pourrait être amusant d'ajouter 6 autres familles :
  • la famille "recomposée" : le père, la mère, les deux enfants (fille et fils) que chacun a eu de son coté étant plus jeune, un enfant né de ce nouveau couple, un grand parent.
  • la famille monoparentale : la mère, sa sœur, deux enfants, les grands-parents.
  • la famille à beau-parent : le père, la mère, la belle-mère, les deux enfants, un grand parent.
  • la famille issue d'un mariage gay : maman 1, maman 2, deux grands parents et deux enfants nés par PMA.
  • la famille à enfant unique : avec un seul enfant et plus de grands-parents.
  • la famille sans enfants : monsieur, madame, et leurs 4 parents.
Ce n'est bien sur qu'une idée en vrac. Ces propositions pouvant amplement être améliorées, et d'autres modèles peuvent être mis en place. On pourrait même imaginer un jeu total comportant une douzaine de possibilités de familles et dans lequel on prendrait à chaque partie 7 familles avec lesquelles jouer.
C'est aussi une variante un peu plus "ardue" en ce qu'elle peut nécessiter de mémoriser la structure de chaque famille pour éviter de demander des cartes qui n'existent pas. Mais je ne pense pas que cette gymnastique mémorielle soit dommageable pour les enfants qui y joueraient.

Et surtout cela permettrait de faire prendre conscience tôt aux enfants qu'il existe de nombreux schémas familiaux et qu'ils sont tous "normaux". Le genre de prise de conscience qui me semble-t-il est toujours bon, surtout dans le contexte actuel de luttes et crispations de certains autour des modèles familiaux.

Bien entendu cette idée ne changera pas le monde radicalement, mais ce sera toujours ça. Donc si l'idée intéresse quelqu'un qui a envie de préciser et dessiner les cartes, foncez, c'est cadeau.

Sinon cela m'aura toujours donné prétexte à refaire un billet ici.

PS : si ça se trouve un jeu de ce type existe déjà, mais lors de ma rapide veille je n'en ai pas vu. Si quelqu'un en connait déjà un, je veux bien un lien.

mardi 7 février 2012

De l'autre côté du miroir


Dans le monde de la cryptographie, il existe toute une galerie de personnages sympathiques dont les péripéties servent à illustrer le fonctionnement de différents procédés de sécurité et des attaques que l'ont peu subir sur un réseau. Les plus célèbres d'entre eux étant Alice et Bob.

L'origine d'Alice et Bob est simplement venue de la volonté de donner des noms à des entités auparavant désignées comme A et B. Ces deux personnages auraient été mentionnés pour la première fois en 1978 par Ron Rivest dans un article présentant le système de chiffrement RSA (merci Wikipédia).

Alice et Bob ont vite été rejoints par des « lettres » supplémentaires : Carole et David (les noms peuvent varier suivant les pays) qui permettent de décrire des communications à 3 ou 4, mais aussi des personnages plus offensifs en sécurité comme Eve (écouteur ou eavesdropper, qui tente d'espionner les communications sur le réseau) ou Oscar (opposant ou opponent, l'adversaire dont on veut déjouer les attaques). Les deux règles de composition de cette liste de noms étant d'une part de suivre l'alphabet ou employer une initiale représentant la fonction de la personne sur le réseau, et d'autre part d'alterner noms féminins et masculins (les informaticiens sont pour la parité).

En ouvrant ce blog, j'ai envisagé l'éventualité de parfois décrire des événements arrivant à des personnages plus ou moins fictifs. Pas pour le plaisir de divulguer à toutes et tous la vie et les secrets de personnes qui n'ont pas demandé ça, mais pour donner une idée de ce qui peut se passer dans le quotidien d'une université. Ainsi pour préserver l'anonymat des personnes qui pourraient être mentionnées dans mes billets, je ferai appel à cette convention. Le premier personnage mentionné dans chaque billet sera donc baptisé Alice, puis Bob, Carole, David, etc. Cela implique également qu'il n'y aura pas forcément de lien entre la Alice mentionnée dans un billet et celle décrite dans un autre, sauf mention expresse du contraire. Et cela implique aussi que les genres de personnages ne seront pas forcément une information importante (ce n'est pas parce que je baptiserai un personnage Alice qu'il s'agira de facto d'une femme dans "la vraie vie").

Et sur ces considérations, nous pourrons donc reprendre le cours normal des programmes.